25 avr. 2016

Le "Roi de la Radio"

(!) Attention : dans un souci de retranscription des faits, cette note contient des expressions vulgaires et violentes. (!)

(!) Aussi : C'est ce qu'on appelle un mauvais timing : Momo, un animateur sur Skyrock (que je ne connais pas il me semble) est décédé hier soir :( J'ai donc décidé de changer le titre de la note, qui me foutait du coup un peu le malaise... (même si, coïncidence, on est d'accord), en revanche, il m'est impossible de changer l'URL donc... Voilà. Désolée pour lui. :( Il est surtout question de Difool dans cette note et de la teneur générale de son émission. (!)
























Donc voilà, pas merci Difool, Roi de la Radio auto-proclamé.
Tu vas bientôt avoir une cinquantaine d'années, j'espère pour toi que tu as changé et que tu dis moins de conneries et de méchancetés qu'avant. J'espère aussi que tu traites un peu mieux le monde qui t'entoure, parce que sincèrement, tu as rendu le mien tout gris pendant bien trop longtemps. Parce qu'appeler les ados des "pyjamas" et leur dire d'aller au lit/faire dodo quand tu es à *ça* de dire une connerie plus grosse que toi, vraiment, ça ne suffit pas à tout excuser. Tu ignorais vraiment que nous, les pyjamas, nous t'écoutions justement de nos lits, juste à avant de faire dodo ?
Tu ignorais vraiment que tu nous faisais remettre en question nos corps, nos amis, nos amours, nos emmerdes, nos boutons, nos poils, notre monde ? Tu étais donc bien naïf.

Je t'embrasse pas, je suis féministe. On sait jamais, des fois que ça s'attrape...







39 commentaires:

  1. j'avais totalement sorti ça de ma tête, mais c'est très criant de vérité.
    la pression sociale qui démarre dans la cour de récréation sur ce qu'il faut écouter, et cette émission de radio qui nous dicte ce que l'on doit être et ce que l'on doit faire alors que l'on est - pour la plupart - encore en pleine construction sur les aspects traités...
    Oui c'était clairement néfaste.
    merci.

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    1. Je comprends ! Moi aussi j'ai essayé de bosser pour occulter cette émission, mais je n'ai jamais vraiment réussi il faut croire, il y a certaines de ses paroles qui me reviennent comme si je venais de les entendre, notamment une obscure et ridicule histoire de coton-tiges qui me questionne toujours ! lol
      C'est vrai que son émission est arrivée pile au moment où on se construisait, et c'était vraiment dommageable.

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  2. Merci d'avoir mis des mots, des images et beaucoup de courage à exprimer ce que je ressentais également à cette époque.
    Même en tant qu'homme cis hétéro, je me sentais sali après chaque écoute alors je n'ose pas imaginer ce que cette émission a pu provoquer chez des ados en mal d'identité sexuelle ou genrée...
    Merci encore...

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    1. Mais de rien ! "Sali" oui, c'est le mot, je me sentais crade aussi. :/ Alors effectivement, rien que de penser que des enfants/ados dans le placard aient pu l'écouter et souffrir doublement, ça me fout la chair de poule...

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  3. Même si je n'ai jamais écouté Difool, c'était pareil sur d'autres radios... et je pense que c'est toujours pareil. On n'a pas conscience de l'impact que cela peut avoir... alors merci d'avoir parlé de tout ça!

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  4. Merci pour cet article. Je n'écoutais pas Difool mais j'écoutais la libre antenne du soir sur NRJ présentée par MiKL, et c'est dingue comme c'était absolument la même chose. Chez eux aussi il y avait "la fille", qui était également une standardiste passée animatrice au fil du temps. Elle s'appelait Sandra mais personne ne l'appelait comme ça, c'était "Sandro" car "elle ressemblait à un trav", mais elle avait des gros seins et c'était son trait distinctif principal, puisque que les animateurs ne parlaient que de ça. J'ai croisé cette femme récemment, j'étais au Louvre ou dans un autre musée, je sais plus, et c'est elle qui contrôlait les billets, et revoir son visage m'a fait un choc, toute la merde qu'elle se prenait à l'antenne m'est revenue d'un coup. Au collège j'adorais cette émission et je riais de bon cœur, alors que si j'avais été à sa place j'en aurais terriblement souffert. Et quelque part j'en ai souffert, comme toi, car quand on est ado avec une confiance en soi très fragile, ces discours-là nous atteignent beaucoup. J'avais 12 ans mais déjà je culpabilisais de pas être assez sexy pour le regard des hommes, avec le recul je trouve ça affreux. À 13 ans j'ai commencé à alterner MiKL avec Les Filles du Mouv', et plus j'écoutais ces femmes et plus je trouvais l'émission d'NRJ puérile, cradingue et néfaste, au point de progressivement l'abandonner. Les Filles du Mouv' étaient pas parfaites mais le côté beaucoup plus bienveillant m'a fait du bien et ça me parlait beaucoup plus en tant que fille. Je me demande si les libres antennes de 2016 sont toujours comme celles de Difool et cie, ou si les animateurs ont pris conscience de leur responsabilité sur les jeunes ados...

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  5. ça me revient moi aussi! j'ai du l'écouter quelques fois. je ne sais pas si je ressentais vraiment la pression sociale de l'écouter mais c'est vrai que c'était vraiment très populaire… une émission parfaitment rodée pour paraître "cool" car parlant de sexe librement à une audience commençant à peine la puberté. tout ce qu'il m'en reste c'est le souvenir d'une fille disant à quel point c'est "dégueu" d'avoir des poils qui poussent directement sur le pénis. ça m'a pas traumatisé sur mon image de moi mais je me rappelle qu'il était clair que si qui ne rasait pas devait être vu comme "anormal". j'imagine que si j'avais été une fille j'aurais peut-être beaucoup plus écouté (et souffert) de cette émission nauséabonde. Il s'agissait déjà d'adultes à l'époque, je pense qu'ils avaient pleinement conscience de ce qu'il faisaient, j'imagine qu'ils devaient se défendre derrière quelque chose du style "on fait ça parce que c'est ce que les gens veulent entendre" avant de jeter un oeil à leur fiche de paie.

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  6. Oh les souvenirs ! Et si juste ! Ces émissions font beaucoup de mal.
    Et en 2016 ils sont toujours là !
    Dans mon bus scolaire le chauffeur passait Difool le matin même... J'ai appris comme ça que le sein gauche était plus gros que le droit, et que l'auréole du téton était plus gros qu'un bouchon de champagne (et aussitôt de baisser les yeux pour vérifier).

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  7. ton problème c'était pas Difool mais je pense une crise d'adolescence bien marquée....

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    1. Anonyme, es-tu sérieux avec ton commentaire ? C'est quoi le rapport siteuplé ?
      Il est normal de rabaisser non stop la seule femme de l'émission ( et les auditrices au passage), d'appeler une chatte "La pute", ou encore de faire preuve d'une très grande méconnaissance du sexe féminin, au risque de malmenée des jeunes en pleine puberté, qui s'interrogent sur leur corps ? (On ne se lave pas le vagin au détergent, désolée Mr Difool)
      Mmh je crois que la réponse est un gros NON. Cette émission n'était qu'un ramassis de bêtises, tout comme ton commentaire. Allez bisous.

      Laetitia je t'aime ! <3 Moi aussi j'ai été traumatisée par cette émission (et d'autres du même genre, que ce soit à la radio ou en TV...) ça me désole qu'encore aujourd'hui toute une génération se base sur des émissions de ce type pour se forger une personnalité... On voit ce que ça donne par la suite...Mh.

      Alors merci pour ce billet & et plein d'amour <3

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  8. Je n'ai jamais écouté Difool mais il m'est arrivé d'écouter parfois NRJ, ce que j'ai arrêté de faire vu le nombre de débilité que cette radio pouvait débiter. Je n'aurais jamais penser qu'une radio, surtout aussi connue que celle-ci soit capable de faire ça et qu'elle en soit autorisé.
    Merci beaucoup pour ton article, ça confirme pas mal ce que je pensais de Skyrock en général !

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  9. Ah l'époque collège où la seule radio à écouter était skyrock si tu voulais pas passer pour un bouffon... Ça me parle. Je n'ai jamais écouté cette radio, je n'aimais pas les musiques et émissions qui y passaient. Par contre j'écoutais feu-Europe 2 avec Cauet le matin et Barth le soir. C'était sur le même schéma mais avec moins de blagues sexistes et plus bon enfant.

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  10. Difool a aussi été un rite de passage pour moi. J'avais complètement oublié, mais en effet, quelques écoutes de son émission ont été la marque de ma pré-adolescence.
    En très peu de temps je suis passé par les mêmes étapes : trouver ça cool, puis trouver ça nul et ennuyant, pour finir par arrêter de zapper dessus.

    C'était peut-être en 1998-1999, j'avais 12-13 ans et les ados les plus âgés de la récré disaient déjà que l'émission était vieille.
    Contre le risque d'être déprogrammé, les présentateurs attisaient déjà leur public en qualifiant ça de censure insupportable.

    Ce qui est drôle, c'est que tout le programme vise les pré-ados : il s'agissait d'un faux happening, avec des adultes qui font semblant de pas s'y connaître, une fausse ambiance de fruit défendu réservé aux adultes, et un humour si nul côté bite cucul pipi caca que seul les jeunes ados peuvent y trouver un intérêt. (eux et les demeurés)
    Pour resituer à l'époque, pas d'internet, pas de télé dans les chambre, pas d'écran, la radio et le seul truc que tu peux utilisé pour rallonger ta journée.

    (Par contre, je n'ai pas l'impression que cette émission m'ait donné la poisse pour mon adolescence. Même si, maintenant que tu en parle, ça coïncide chronologiquement.)

    A quoi comparer ça? A une dose de vaccin, quelques fois suffisent? Sauf que le vaccin n'est pas si agréable au début.
    Au Père Noël? un vieux présentateur qui fait semblait d'être aussi con qu'un jeune, mais qui n'existe pas dans la réalité? d'ailleurs, avec lui l'adolescence cesse très vite d'être merveilleuse, et il n'a aucune valeur de guide.

    Si je peux dire que l'émission a été un précurseur pour quelque chose de l'adolescence, je dirais que c'est pour cette façon que les adolescents ont de se forcer à s'ennuyer en groupe. Rester là, traîner et attendre qu'un truc vaguement intéressant soit dit ou se passe.
    Je comprends qu'être en groupe -à défaut d'être vraiment entre amis- réduit le stress.
    J'ai souvent choisi de m'ennuyer à la maison. Jeux vidéos sur ordi, dessins animés des chaînes cablées (encore fallait-il les avoir).
    Je ne comprenais pas la logique de mes copains de classes de s'acheter un pack de bière à la supérette, de la boire en fumant des cigarettes, et de se faire chier. Je ne sais pas d'où je tiens cette allergie de ne pas me forcer à faire des choses juste pour faire comme des adultes, ou comme les autres.

    S'il y existe encore ce genre d'émission, je laisserai faire. Je ne vais pas nier qu'à un moment j'ai aimé ça.

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    1. Perso, vu le mal que ça m'a fait, ainsi qu'à énormément de gens, que ce soit dans mon entourage direct ou non, je ne comprends pas que ce type (et même ces types, ces formats d'émission) soient toujours là, sous cette forme.
      C'est un concentré de mauvaises choses, de mauvaises idées véhiculées, de clichés racistes, sexistes, misogynes, transphobes, homophobes... et c'est DANGEREUX. On implante ça directement dans la tête d'ados paumés (ou pas), et comme on sait que ce sont des adultes, que c'est la radio, et que zut, quand même, à la radio on n'est pas censés débiter des conneries (c'est ce que je me disais, je leur ai fait confiance, en quelque sorte...) bah, on assimile, petit à petit. Je me rappelle que je m'étais reconnue dans le témoignage d'une ado qui disait qu'elle en avait marre d'être la bonne copine de tous les mecs. La réaction de l'équipe : "mais, t'es moche ou quoi ? Nan parce que si t'es moche, ça peut être un début de piste."
      MAIS QUI DIT ÇA À UNE GAMINE MALHEUREUSE À L'ANTENNE ?
      Donc perso, si j'avais mon mot à dire, je laisserais pas faire. Hors de question. Ces mecs sont des pervers dangereux.

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  11. Ce qui est dingue c'est que ce mec a bien traumatisé 2 générations de gens. Je l'écoutais aussi au collège et début du lycée. À l'époque il travaillait pour FUN Radio et l'émission s'appelait Doc et Difool. Le principe était simple : nous appelions la radio pour avoir des conseils sur nos premiers émois ou des questions qu'on se posait sur le sexe.
    Le Doc était censé être l'opposé de Difool mais des fois je restais choquée des conseils donnés.
    Et Difool était déjà Difool.
    Le pire souvenir que je garde de cette émission ce fut l'intervention d'une jeune collégienne qui s'était mis des limaces dans le vagin pour faire venir ses règles (elle ne les avait pas encore et de fait était la risée de sa classe ��) sur les "bons conseils" des "copines".
    Et évidemment elle n'arrivait plus à faire sortir les bestioles.
    Il aura bien fallu 10 minutes de blagues foireuses avant que le Doc n'apporte la seule réponse possible : en parler à sa mère ou autre adulte en qui elle a confiance et filer à l'hôpital.
    Elle a bien sûr été la risée de la soirée et si elle a entendu le reste de l'émission ou si les "copines" ont entendu, je n'imagine pas le calvaires qu'elle a du subir. Y compris à l'hosto. ��

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    1. Mon dieu... mais quelle horreur...
      Ils ont du la traiter de conne à l'antenne... ohlala j'imagine même pas le calvaire.

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    2. Pareil que Kats, j'écoutais Difool mais avec le Doc et sur Fun Radio (Skyrock, c'était ringard à l'époque ;-) et malgré tout, le Doc tempérait un peu les méfaits de Difool avec ses rengaines : "ce n'est pas sale".

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  12. Salut Laetitia.
    Je lis de temps en temps ton blog et je commente peu. Je vais passer ce pas, cette fois ci. :)
    Lors de mon adolescence, il y a 10 ans, j'ai écouté Skyrock aussi pendant 1 ans je crois, ma mère aussi avais écouté Difool avant moi et m'a fait simplement comprendre que chaque émission se ressemblais et qu'on en avais vite fait le tour, ce que j'ai pris conscience et j'ai tout simplement laché. Cela ne m'avais pas plus choquer que ca, mais maintenant que tu le dit... Ca me choque.

    Enfin bref, je fais moi même des émission "live" sur le net avec mes amis et c'est une question qu'on se pose souvent : "Est ce que nos délires, nos blagues, ne sont pas trop poussé pour les gens qui nous écoutes ?" On peut pas savoir qui va nous écouter et encore moins leurs ages, bien heureusement, je ne fais pas de la libre antenne et je parle encore moins de sexualité, mais ca m'ai déjà arrivé d'avoir moi même des blagues sexistes, mais pas aussi poussé que Skyrock. Et franchement, je m'en tire les cheveux, parce que j'ai envie de partager mes délires, mais pas de choquer et encore moins qu'on me juge.

    R.

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    1. Oui c'est délicat. On peut effectivement partir du principe que si tes propos choquent, les gens ne viendront plus écouter, point (et éventuellement t'expliqueront en quoi tu as pu les blesser, pourquoi pas).
      Tu n'es pas une radio nationale, à une heure de grande écoute. Je ne dis pas que tes propos (sexistes, problématiques) sont moins importants et néfastes, ils peuvent l'être, mais tu as moins de portée. C'est réellement ça qui me choque. La portée NATIONALE, les gamins qui l'écoutent avant de se coucher, qui s'endorme en digérant ce qu'ils viennent d'entendre (des propos dégueulasses et dangereux), qui apprennent petit à petit que c'est comme ça qu'ils doivent être traités, que c'est la norme, que la vie c'est comme ça : des gens qui rient de toi et des soucis, qui s'en lavent les mains, qui débitent un tas de conneries et qui, en plus, sont payés pour à la fin du mois.

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  13. J'écoutais Morad sur NRJ, de temps à autres. J'avais pas autant la pression pour écouter, cela dit (mes camarades de classe m'avait, à l'époque, déjà fait comprendre qu'il fallait que je soit mal dans ma peau et sans ami bieeen avant le collège), mais c'était clairement pas finaud, pour rester poli.
    Je compatis. C'est déjà compliqué de se faire des relations dans un nouvel environnement, sans avoir à subir le travail de sape de ces jean-foutre et de leurs messages nauséabonds.
    Et encore, je suis un mec, donc j'ose même pas imaginer comment ça a dû être compliqué pour toi.

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  14. Marrant, j'en garde un bon souvenir. C'était débile, ils passaient plus de temps à se tayer entre eux qu'à taper sur les autres, et donnaient des conseils sérieux de temps à autre, entre coupés de blagues débiles appuyées et flagrantes sur des situations clairement débiles.
    J'étais pas bien vieux (années collèges) mais en 15 minutes de la première émission tu comprenais que c'était principalement de la grosse déconne.
    Pour les prendre au sérieux, il ne fallait VRAIMENT pas être fute-fute. Et dans ce cas, ce n'est pas de leur faute.
    Du coup ils sont bien moins néfastes que les "Elle" et autres magasines féminins à la con.

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    1. Tu n'est pas sensible à cet humour pas étage, soit. Le langage cru ne convient que rarement aux aficionados du bingo. Mais de là à les prendre au sérieux, y'a un gouffre énorme.

      Perso j'écoutais juste une bande de potes raconter n'importe quoi et des gens qui appelaient avec des problèmes (fake, j'osais espérer pour la plupart) débiles.
      Mais en tout cas j'allais pas me remettre en question suite à une phrase de Romano, qui passait le plus clair du temps pour un gros pouilleux dans cette émission.

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    2. Mais good for you, vraiment.
      Quand t'es ado et paumé, excuse-moi du peu, mais parfois, fake ou pas t'en sais rien, et tu crois à tout ça.
      C'est pas parce que ça ne t'a pas touché personnellement que ça n'a pas été un souci pour d'autres, loin de là. Et ça n'est pas non plus parce que toi tu prenais ça à la déconnade que tu es supérieurs aux gens "sensibles" face à ce genre d'humour (les "pas fute-fute t'sais")
      Ça ne veut pas non plus dire qu'on n'avait pas d'humour, il faut arrêter de sortir l'humour en étendard dès que quelqu'un dit des conneries offensives, c'est vraiment trop facile.

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    3. Les gens qui ont le vertige évitent de vivre en hauteur.
      Les gens qui sont allergiques aux crevettes évitent d'en manger.
      Les gens qui n'aiment pas une émission évitent de la regarder.
      Tu n'aimais pas une émission mais tu l'as écouté parce que d'autres gens t'y incitaient.
      Bad for you, mais tu l'as choisi pour une raison débile.

      Je pense même que si tu les avais appelé pour expliquer ton problème, après pas mal de blagues, ils t'auraient dis simplement d’arrêter de les écouter et de te trouver des potes avec qui tu partages des choses qui te plaisent.

      Parce qu'étrangement malgré toutes les blagues de cul, potaches, mysogynes et pour moi, toujours sous le ton de la blague, j'ai plus en mémoire des conseils pas déconnant, qu'ils refilaient pour aider des gens qui ne savaient pas à qui poser les questions.
      Je n'ai jamais été fan, j'ai écouté pendant quelques périodes diffuses, mais en tout cas je ne me rappelle pas un moment où ils ont tapé sur quelqu'un qui venait leur demander conseil parce qu'il se sentait mal.
      Ils se sont moqués, comme des amis se moquent de toi quand tu te vautres, ou quand tu fais de la merde, mais ils essayaient toujours de trouver une solution.
      Quelqu'un qui était mal dans sa peau pour un truc, dans mes souvenirs t'en avais un qui pouvait trouver ça dégueu et un autre qui s'en foutait complètement. C'était pas faux cul à la "in my safe space". T'avais d'autres auditeurs qui disaient qu'ils étaient comme ça aussi et que ce n'était pas grave pour x raison.

      Comme tu le dis, il n'y avait pas internet à l'époque, tu voulais des réponses sur des sujets de cul, tu n'allais pas en parler à tes parents, tes profs ou ton prêtre. Ça ne faisait pas non plus d'eux des pédagogues pour gens mal dans leur peau. Heureusement sinon l’émission aurait été chiante et personne ne l'aurait écouté.

      Malheureusement, bien souvent pour quelqu'un qui est au départ mal dans sa peau, si quelqu'un dit "j'aime bien", et un autre dit "j'aime pas", il n'entendra que le "j'aime pas" et fera une fixette dessus.
      Et oui, les poils sur les seins y'en a qui vont trouver ça dégueulasse, d'autres s'en foutent royalement.
      C'était une radio libre. Ils disaient ce qu'ils pensaient mais voilà, de mes souvenirs ils aidaient aussi, et rendaient visibles des choses qui touchaient beaucoup de monde et dont ils n'osaient pas parler. Ces gens là avaient des conseils et souvent un "c'est pas grave, les gens n'y font pas attention, tu n'es pas seul" qui résout la plupart des problèmes d'ado.

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    4. Non. Mais 100 fois non.
      Je suis tellement en désaccord avec chaque ligne de ton commentaire que j'en viens à me demander si on a vraiment écouté la même chose. Je sais de quoi je parle, je l'ai écouté pendant deux longues années, j'ai même trouvé des gens par la suite qui pensaient comme moi, qui avaient été blessés, comme moi, et c'est comme ça que j'ai découvert que c'était bien plus qu'une question de sensibilité ou d'égo. Non. Vraiment.

      Mais écoute, mon avis est dans la note. C'était une émission de merde méprisante, dangereuse, pas un délire entre potes. Donc je ne vais pas débattre là-dessus avec toi, vu que tu ne t'es jamais senti concerné par "leurs délires". Encore une fois, ça ne veut pas dire que ça n'était pas offensant pour une sacrée partie de la population, sur une putain de radio nationale, à une heure de prime time.
      Moi, perso, ça me choque.

      Sur ce, bien contente pour toi que ça ne t'ai aucunement touché.

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  15. Juste merci, vraiment.
    Ils ont ruiné et piétiné ma confiance en moi.

    J'ai compris que leur avis n'avait aucune espèce d'importance le jour où une jeune fille, inquiète de son corps, leur a demandé si c'était normal d'avoir la lèvre droite plus longue que la lèvre gauche.
    Ils ont répondu à la va-vite, et ajoutant "je comprends pas la question de toute façon c'est lèvre du haut et lèvre du bas, pourquoi elle parle de droite et de gauche?"
    Et c'est la Marie qui avait dit ca.

    C'est là que j'ai compris qu'ils ne savaient juste absolument pas de quoi ils parlaient, du haut de mes 14 ans je savais de quoi parlait la jeune fille, et eux qui se prétendaient "conseillers" ne savaient pas.

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  16. :-( C'est vraiment dommage! j'ai vraiment l'impression d'avoir bénéficié de la meilleure période de la radio libre: Cauet faisait ses débuts et il était drôle et dans mon souvenir pas trop lourd et Difool était accompagné du Doc' pour bien signifier quel débile il était et il est resté. Du coup je n'ai grappillé de ces émissions sex que de bons conseils: "On ne met pas de limaces dans son vagin" pardon, oui je l'avais entendu aussi et je ne suis toujours pas convaincu que quelqu'un ait pu vraiment faire ça. Mais aussi que les poils sur les aréoles c'est tout à fait normal, que ça serait fait pour aider les bébés repérer la zone du téton, et beaucoup de bons conseils de bon sens en direction des garçons pour leur apprendre à ne pas faire n'importe quoi et aussi au jeunes filles pour les aider à se respecter et à se faire respecter. Difool n'était là que pour faire le débile quand je suis tombé bien plus tard sur ce qu'était devenu son émission sans Doc j'ai été vraiment dégoutée et d'ailleurs je le suis par la plupart des émissions sur les radios de "jeune" pas de respect, des moqueries, des insultes gratuites. Heureusement mes enfants pensent comme moi, mais effectivement il y a tous les autres qui écoutent encore :-(...

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    1. J'ai le même sentiment que toi. J'ai écouté à l'époque de Doc&Difool (et surtout Max), et j'ai une impression de plus grande bienveillance, même si les blagues ne volaient pas toujours haut.

      Évidemment je ne fais pas partie d'un groupe dit "dominé" (homme blanc dans une famille de classe moyenne) et donc il est tout à fait possible que je n'ai pas été sensible à certaines blagues, et donc ne m'en rappelle pas. Ça ne m'étonnerait pas du tout qu'il y ait eu des propos sexistes/misogynes/racistes sans que je ne m'en rappelle.

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  17. Je n'écoutais pas Difool, mais le ressenti d'exclusion sociale fût le même pour moi, à partir du moment où je lisais, était bon en classe, physiquement tout petit et maigre, et ne portait pas des fringues de marque... Les vacheries, les humiliations... Le genre de choses qui te détruit l'égo pendant des années.
    Et puis un jour tu regardes l'adulte que t'es devenu, et franchement ça le fait ! :)
    Merci pour ta note et que celles et ceux qui s'y reconnaissent aujourd'hui se disent que plus tard, que tout ça passera et que ce seront elles les personnes accomplies et intéressantes. Ce n'est pas une marque de baskets qui fait une personne. :)

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  18. Je n'ai pas écouté Difool à l'époque, du coup après avoir lu ça je ne regrette pas, merci :)

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  19. Wow, ça me rappelle des trucs tout ça....

    Je me souviens que cette bande d'idiots (ou celle d'NRJ, je sais plus) étaient particulièrement forts pour faire complexer tout le monde. Les femmes en premier lieu, tu l'as excellemment bien illustré (notamment le fait que ce discours stigmatisant, sur le corps et la place de la femme, était insinueusement accepté par tous...).

    Mais je me rappelle également, en tant qu'homme, la pression que constituait cette émission sur la performance sexuelle. A l'époque, on ne savait pas que l'age moyen du premier rapport était de 18 ans, et cette émission donnait l'impression d'être un raté si on avait pas eu ce rapport avant 15 ans. Elle instituait une norme sociale, pourtant fausse, qui hiérarchisait homme et femmes entre héro(ine) du sexe et puceau(elle) raté(e). Phénomène dangereux, que j'ai eu l'impression de voir se répercuter dans les études supérieures...

    Merci de dénoncer avec brio, humour et talent ce genre d'immondice qui continue toujours à sévir à la radio. De rappeler qu'à cet age, on a pas toutes les armes et le niveau de compréhension pour se battre contre ces conneries. Bravo

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  20. Remarque, quand tu vois qui était le patron de Skyrock...
    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/le-pdg-de-skyrock-sur-le-banc-des-accuses_585356.html

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    1. Skyrock se vantait de passer des messages subliminaux sur leur antenne. C'est pour ça que je ne l'ai jamais écouté.

      Le PDG était polygame, et maître d'une secte sataniste (enfin il a nié être le maître). Avec l'aide de la sœur il a couché avec une mineure ayant 17 ans. La majorité sexuelle étant à 15 ans, il n'a pas été condamné pour atteinte sexuelle sur mineur.

      Mais il a été condamné pour corruption de mineure parce que la fille avait 17 ans au lieu de 18 et qu'il lui a proposé une relation sexuelle déviante (à plusieurs c'est à dire plus que deux). La corruption de mineur est constituée même si le mineur est consentant.

      La cour d'appel a tranformé tout en surcis et amende de 50 000 € (il gagne 400 000 € par an).

      Dire que ce directeur est à l'origine du dispositif "Alerte Enlèvement" en France.

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  21. Je n'écoutais pas la radio à l'époque, mes parents m'ayant fait une culture musicale qu'on n'y trouvait que trop peu... et cela m'ayant déjà sortie du rang, merci à eux.
    Plus tard, j'étais tombée sur ce genre d'émission, par hasard, et j'avais vite coupé. Ils m'avaient apparu tellement sans intérêt avec leurs rires gras... j'y ai donc échappé.
    Après, quand je vois ce que faisait Cauet il n'y a pas si longtemps,je ne suis pas sûre que ça vole bien plus haut :/

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  22. Je viens de découvrir le blog par hasard, et je tombe sur ce ressenti d'une radio.
    Je n'ai pas vécu cette période là, j'étais encore trop jeune (et il y a eu l'explosion d'internet entre temps).
    Ma sœur écoutait parfois la radio, surtout pour les musiques. On évitait ce genre d'émissions néfastes, à la limite on entendait parler de Cauet dans l'actualité mais sans plus.
    C'est là qu'on constate le gouffre de générations par le biais d'Internet.

    Et aujourd'hui certains jeunes regardent TPAMP (Touche pas à mon poste), tout aussi cancérigène...

    Je me demande quand même qui se cache derrière la production de ces trucs...

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